BIBLIOGRAPHIE
Bibliographie sélective (en français)
Jacques Moeschler et Anne Reboul, Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Seuil, 1994.
Anne Reboul et Jacques Moeschler, La Pragmatique aujourd’hui, Points Seuil, 1998.
Sandrine Zufferey et Jacques Moeschler, Initiation à l’étude du sens, Sciences Humaines Éditions, 2012.
Jacques Moeschler et Antoine Auchlin, Introduction à la linguistique contemporaine, Armand Colin, 2018, 4e édition.
Jacques Moeschler, Pourquoi le langage ? Armand Colin, 2020.
Sandrine Zufferey et Jacques Moeschler, Initiation à la linguistique française, Armand Colin, 2021, 3e édition.

Livres en anglais
Jacques Moeschler, Non-lexical pragmatics, Mouton de Gruyter, 2019.
Sandrine Zufferey, Jacques Moeschler et Anne Reboul, Implicatures, Cambridge University Press, 2019.
Jacques Moeschler, Why language ? Mouton de Gruyter, 2021.

Après des études en Suisse — primaires et secondaires à Bienne, ville bilingue célèbre pour ses montres, et universitaire (licence et doctorat) à Neuchâtel, lieu d’origine de Jean Piaget — Jacques Moeschler a assuré des enseignements de linguistique française à l’université de Genève pendant plus de 35 ans. Nommé professeur ordinaire en 2005, il consacre alors son activité à l’enseignement, à la direction de recherches, mais aussi à la dissémination des résultats de ses recherches sur le langage (près de 200 articles scientifiques et une quinzaine d’ouvrages publiés). Parallèlement, il préside le comité local d’organisation du 19e Congrès International des Linguistes en 2013, organise et structure le réseau thématique Langage et communication de l’Université de Genève (2013-2019), mais surtout se consacre à la rédaction d’ouvrages d’introduction et de vulgarisation à la linguistique (dont Pourquoi le langage ? Armand Colin, 2020). Il a dirigé une vingtaine de thèses de doctorat, et obtenu une dizaine de financements de projets de recherche auprès du Fonds national suisse de la recherche scientifique. Il a également présidé pendant huit ans la commission fédérale des bourses de la confédération suisse pour étudiants étrangers, dépendant du Secrétariat d’État à la Formation, à la Recherche et à l’Innovation (SEFRI). Depuis le début des années 2000, il publie systématiquement ses recherches en anglais pour des revues internationales fonctionnant sur le peer-reviewing (l’évaluation par les pairs). En retraite depuis deux ans, il consacre son temps à la lecture et la rédaction d’articles et de livres scientifiques (un ouvrage sur la relation entre langage et vérité est en écriture), à l’évaluation de contribution scientifiques pour des éditeurs internationaux et des agences nationales de recherche (Belgique, Canada notamment), à la participation à l’organisation de congrès internationaux et à l’écriture de fiction.

Jacques Moeschler

Professeur émérite, Université de Genève, Suisse

Pourquoi le langage ? Des Inuits à Google

Le langage est cette faculté qui nous permet de penser et de communiquer. Elle est unique, car aucune autre espèce animale ne possède un système similaire de communication. Si le langage nous est familier — nous avons appris au moins une langue de manière ‘naturelle’, sans effort, notre langue maternelle —, nos conceptions intuitives du langage sont parfois trompeuses. Dans cette conférence-débat, plutôt que de donner au public des réponses, ce seront des questions, parfois étranges, qui seront posées : Pourquoi y a-t-il autant de langues (environ 6’000) et pas une seule ? Pourquoi est-il si facile d’apprendre sa langue maternelle et si difficile d’apprendre une langue étrangère ? Pourquoi n’y a-t-il pas de hiérarchie entre les langues ? Pourquoi la grande majorité des langues sont-elles orales et non écrites ? Pourquoi le contact entre les langues est-il bénéfique pour les langues ? Pourquoi une langue emprunte-t-elle des mots à d’autres langues ? Pourquoi les langues évoluent-elles ? Pourquoi n’y a-t-il pas de langue plus belle, plus claire ou plus logique que d’autres ? Pourquoi la très grande majorité des langues vont-elles disparaître à la fin du 21e siècle ? Pourquoi la langue inuit ne contient-elle pas plus de mots pour la ‘neige’ que le français ? Pourquoi ne pouvons-nous pas communiquer normalement avec Siri ou Alexa ?
Toutes ces questions en pourquoi ne sont pas d’égale importance, mais elles ont quelque chose en commun : lorsqu’on pose une question avec pourquoi, c’est que quelque chose d’anormal s’est produit. Donc, ce qui serait normal, c’est qu’il ne devrait y avoir qu’une seule langue ; qu’il devrait être facile d’apprendre une langue seconde ; que toutes les langues devraient être écrites ; que le contact entre les langues devrait être évité ; qu’il ne faudrait pas emprunter de mots à des langues étrangères ; que les langues ne changent pas ; que les langues ne sont pas menacées de disparition ; que la langue inuit contient beaucoup plus de mot (plus de 100) pour la neige que le français ; ou encore que les conversation avec Siri et Alexa sont de vraies conversations.
Le conférencier voudra convaincre son auditoire d’une seule chose : se poser des questions sur le langage et sur les langues, comme le français, est beaucoup plus intéressant que de donner des réponses a priori dont la science du langage, depuis plus d’un siècle, a pu démontrer la fausseté. Il sera heureux de répondre à toutes les questions, dans les limites de ses compétences, que vous vous posez sur le langage et les langues.