Jeu « La Ronde Littéraire »

4ème édition du salon du livre Journées des écritures de Cluny

samedi 24 et dimanche 25 octobre #2020

la ronde littéraire
jeu ouvert à tous
prochainement

Écrire à plusieurs ?

La rédaction collective de flyers,
programmes ou autres courriers
est souvent un cauchemar …

pas de style, pas de cohérence,
pas d’allant, des fautes en tous genres
et à la fin,

rien de compréhensible.

Alors pourquoi tenter à nouveau l’expérience ?

C’est qu’il s’agit ici d’écrire non pas avec les autres mais avec ce qu’ont écrit les autres.
Chaque joueur hérite d’un texte plus ou moins élaboré et part de là [voir les règles] pour inventer et passer au suivant.

Prendre à contre-pied la splendeur de l’isolement du créateur. Le forcer à ouvrir les yeux.

Dégommer la page blanche.

La créativité collective existe : les villes, les cathédrales, les mythes,

les constitutions alors pourquoi ne pas lui ouvrir les portes de la littérature, des arts plastiques, de la musique…

Écrit-on jamais vraiment seul ?

On « hérite » de son inconscient, de son histoire, de ses influences, des hasards de la vie, de rages ou d’extases vécues,
de ses lecteurs et de leurs attentes aussi.

Ce jeu est un jeu, n’est qu’un jeu mais comme tous les jeux il enseigne au joueur.

L’enfant apprend tellement plus en jouant qu’en classe et même en classe que retient-on sans se prendre au jeu ?

Se prendre au jeu, voilà l’objectif.

Que se cache-t-il derrière cette histoire qu’on me raconte ?
Quel renversement puis-je y opérer ? Où est sa vérité … enfin pour moi ? Tout ce que je reçois de l’autre doit être fécondé. Sinon pourquoi ?

Jouer le jeu. Accepter les mots de l’autre, ses personnages, ses fantaisies et faire avec.

Et peut-être plus dur encore : accepter que le devenir de ce que j’ai conçu soit dans le cœur d’un autre.
Nous nous glorifions tant de tenir à nos enfants. Lâchons-les ! Facile à dire.

Faire avec les contraintes aussi.

On le sait : pas de création sans contrainte. La gravité s’impose à l’architecte, la rythmique au poète, la perspective au peintre, la loi à tous. Sans contrainte nous sommes orphelins.

Les créateurs l’ont su dans leur chair bien avant que les psychanalystes ne s’en aperçoivent.

Respecter enfin. Respecter du vrai respect qui n’est jamais servile, c’est-à-dire académique.
Les conservateurs ne comprendront jamais qu’ils pervertissent ce qu’ils adorent.

Respecter n’a qu’un devoir, absolu : renverser l’ordre établi ! Ici la pertinence est dans l’impertinence ! Allez comprendre.

Comprendre le jeu de la vie.

Tout jeu, et la création en est un, nous échauffe au jeu de la vie.

Sinon pourquoi ?

Et la vie est-elle autre chose que cela :  recevoir, concevoir et passer au suivant.

REGLEMENT DU JEU LITTERAIRE :

Objet :
Il s’agit de collaborer avec des personnes ayant en commun l’envie ou l’habitude d’écrire et d’élargir le cercle de nos connaissances qui partagent notre goût des mots. Le principe s’inspire des démarches type OULIPO : confronter les dérives de l’imagination de plusieurs auteurs qui co-écrivent plusieurs textes à partir de la même phrase.

Ingrédients :

  • Un certain nombre de joueurs
  • Un texte de quelques lignes choisi au hasard par le Maître du jeu dans la littérature française
  • Un groupe de contraintes stylistiques, de mots imposés, d’actions arbitraires
  • Quelques règles de base
  • Un Maître du jeu

Procédé et règles du jeu :
Le texte de départ de 4 lignes est adressé à chaque participant par le Maître du jeu. Chaque participant va doubler le texte reçu, c’est-à-dire va écrire 4 lignes supplémentaires en respectant les règles et contraintes décrites plus bas. Puis il l’adressera au Maître du jeu qui le confiera à un autre joueur tiré au hasard. L’opération sera reproduite plusieurs fois amenant un doublement de la longueur du texte à chaque changement d’auteur. Le jeu s’arrêtera au bout de 7 à 8 joueurs environ. Il y aura donc autant de textes que de joueurs qui seront publiés.

Règle 1 : Temps imparti. Chaque participant a une semaine pour doubler les textes inférieurs à une page, 2 semaines pour les textes supérieurs à une page. Soit :
Semaine 1 :  8 lignes
Semaine 2 : 16 lignes
Semaine 3 : 32 lignes
Semaine 4 : 64 lignes soit une page
Semaines 5 et 6 : 128 lignes
Semaines 7 et 8 : Carte blanche (pendant cette quinzaine toutes les contraintes tombent, le joueur fait absolument ce qu’il veut du texte reçu)
Semaines 9, 10, 11, 12 : doublement (retour aux règles usuelles)

Règle 2 : (ne s’applique pas à la période de « carte blanche ») Le doublement du texte doit impérativement reprendre dans son intégralité le texte précédent. Il est approximatif en nombre de lignes. On n’est pas obligé de maintenir le bloc précédent d’un seul tenant, le texte ajouté peut donc s’immiscer dans le texte précédent. Le texte reçu doit pouvoir être reconnu au moins au niveau de propositions entières. Enfin il faut respecter les options des auteurs précédents. Par exemple, si un auteur a placé le récit au XVIII° siècle il ne faut pas introduire de téléphone portable sauf à le justifier par un saut dans le temps explicite. Si un personnage est introduit, il faut le faire vivre (ou l’assassiner) mais respecter son existence littéraire. Bref il faut jouer le jeu, collaborer, on écrit avec les autres et pas contre… encore que.

Contraintes :
Il existe des contraintes qui corsent un peu l’exercice :

Contrainte de mots :
Trois mots figureront obligatoirement dans votre texte. Ils vous seront communiqués par le Maître du jeu. Ces trois mots (sous quelques formes grammaticales que ce soit) doivent se trouver dans votre texte où ils figureront en italique.

Des actions arbitraires :

Il est de la liberté du Maître du jeu d’imposer une ou deux fois au cours du jeu des actions à faire sur le texte pour la semaine suivante. Par exemple : il pourra imposer de réduire le texte au lieu de l’allonger, de supprimer tous les mots commençant par P sur une partie du texte, d’écrire sans adjectif, etc… Tout le monde se conformera à ce diktat sans broncher.